Farines CRC (Culture Raisonnée Contrôlée) et biologiques : Arterris développe ses filières vertueuses

Face aux enjeux de la filière meunerie française ces dernières années, le groupe coopératif d’agriculteurs Arterris met un point d’honneur à trouver des solutions pour permettre aux producteurs de blé dur de trouver de la valeur ajoutée dans ce secteur.

Cela implique, pour sa filiale meunière les Moulins Pyrénéens, de recentrer sa production sur des farines de blé plus propres, répondant aux besoins des consommateurs qui souhaitent réaliser des achats plus responsables et privilégier les circuits courts.

En tant que 1er producteur de blé dur en France, Arterris souhaite développer sa filière Culture Raisonnée Contrôlée (CRC) et biologique, qui profite à l’ensemble des maillons de la chaîne. Elle ambitionne de valoriser de 8 à 10 000 tonnes de blé CRC d’ici 3 ans.

La nécessité de se réinventer

Les 3⁄4 des blés tendres produits localement par les adhérents d’Arterris sont dirigés vers sa filiale les Moulins Pyrénéens, un groupe meunier qui regroupe La Toulousaine des farines à Sallèles d’Aude (11) et le Moulin Mercier Capla à Saverdun (09). La Toulousaine des farines produit essentiellement pour l’industrie des grands comptes sur les segments de la panification, des viennoiseries et de la biscuiterie ainsi que pour la GMS. Le Moulin Mercier quant à lui est plutôt orienté vers une production artisanale, qui représente 1/3 de la production du groupe.

La meunerie française a évolué ces dernières années dans un contexte économique changeant en raison d’une baisse de la consommation de pain en France au profit de produits dérivés (wraps, substituts au petit déjeuner). Par ailleurs, les industriels et les consommateurs plébiscitent de plus en plus les produits favorisant la biodiversité et offrant une transparence au niveau de leur traçabilité.

Afin d’innover et de se réinventer dans ce contexte, la coopérative Arterris et les Moulins Pyrénéens développent de plus en plus des filières vertueuses comme la farine de blé CRC et biologique, produite localement en Occitanie.

Ce virage a débuté en 2012 par la mise en place de la baguette Minutie, produite à partir d’une farine 100% blé dur à la culture raisonnée. La coopérative a ensuite procédé en janvier 2020 au rachat de la société l’Epi Salvagnacois, spécialiste de la collecte de céréales dans des filières de qualité.

Pour aller plus loin dans cette quête de qualité et de diversification, Arterris a obtenu en février dernier l’agrément pour fabriquer de la farine biologique au moulin la Minoterie Mercier Capla. Cela concerne les farines T65, T80, T110 et T150.

« Ce label bio représente une manière supplémentaire de diversifier nos débouchés et nous permet d’être présent sur tous les segments du marché. Nous souhaitons proposer cette gamme Bio à l’ensemble de notre clientèle et croyons également beaucoup au marché de la Restauration Hors Foyer. Pour cela nous souhaitons proposer aux collectivités territoriales des outils leurs permettant d’être en phase avec la loi EGalim et de réfléchir ensemble sur l’alimentation de demain dans notre région Occitanie », affirme Antoine Bernabé, Directeur industriel au sein des Moulins Pyrénéens.

La filière CRC : un cahier des charges précis mais des débouchés multiples

Pour fabriquer des farines issues de filières vertueuses comme la filière CRC, il faut répondre à un cahier des charges très strict. Le blé doit être stocké dans des installations spécifiques qui sont nettoyées rigoureusement après la production de blé traditionnel et, si besoin, désinsectisées afin d’éviter les contaminations croisées. Une fois stocké, aucun insecticide de stockage n’est autorisé sur le grain.

La Toulousaine des farines s’est d’ailleurs dotée en début d’année d’une toute nouvelle unité de conditionnement permettant la désinsectisation, le tamisage mécanique ou encore le stockage en sacs de blé CRC. Cette acquisition permet de garantir un produit contenant le moins de résidus possibles et répond à la demande des clients historiques des Moulins Pyrénéens qui s’orientent de plus en plus vers ces farines vertueuses, bonnes pour l’homme et la nature.

« Les impératifs liés au cahier des charges CRC profitent à l’ensemble de la filière de l’amont à l’aval, puisqu’elles assurent une juste rémunération aux producteurs et garantissent la sécurité alimentaire et un respect de la biodiversité aux industriels et aux consommateurs » explique Antoine Bernabé.

Maxime Durand, adhérent Arterris producteur de blé dur CRC dans le Tarn ajoute : « Mon père était l’un des premiers à produire du blé CRC pour se démarquer des marchés existants mais aussi pour l’aspect rémunérateur de cette filière. Aujourd’hui, la CRC est ancrée dans les mentalités, et mon frère et moi perpétuons cette tradition par conviction. Faire le choix de cette culture c’est pourtant aussi fermer parfois des portes au rendement, car certaines variétés ne rentrent pas dans le label CRC alors qu’elles seraient ultra productives. On privilégie la qualité à la quantité. »

Aujourd’hui, 12% de la production issue des Moulins Pyrénéens provient de blé CRC. D’ici à 3 ans, l’objectif d’Arterris et des Moulins Pyrénéens est de parvenir à valoriser de 8 à 10 000 tonnes de blé CRC.