Interview de Laetitia Bieri, Packaging Development Manager chez groupe Lactalis

Laetitia a dispensé une formation interne sur l’éco-conception, au sein du groupe Lactalis. Quelques mois après, elle revient sur cette formation et ses impacts auprès des équipes : « Ce que nous souhaitons, c’est d’aller dans une économie circulaire, la formation est là pour expliquer comment Lactalis agit pour s’intégrer à cette économie circulaire ».

Laetitia Bieri, pouvez-vous nous décrire votre parcours et votre poste au sein du groupe Lactalis ?

Je suis diplômée de l’Ecole Supérieur d’Ingénieur en Emballages de Reims. J’ai intégré le Service Recherche et Développement Emballages et Environnement du Groupe Lactalis en 2008. 

Le Service est en charge de garantir le développement de l’ensemble des emballages de notre portefeuille tout en prenant en compte la bonne conservation de nos produits, la sécurité alimentaire et l’impact environnemental.

J’ai eu l’opportunité d’assurer le développement des emballages de nos gammes de Fromages, des beurres/crèmes, et des yaourts pendant plus de 10ans. Aujourd’hui, j’anime le pôle transversal. Avec mon équipe, nous coordonnons des thématiques qui concernent l’ensemble des catégories d’emballages, comme l’environnement, l’innovation,  l’alimentarité, la gestion des données techniques emballages ainsi que les expertises. 

Notre objectif est de suivre les nouveautés, les évolutions réglementaires, et les avancées techniques dans le domaine du packaging et d’anticiper les changements, et de les partager en interne.

Vous parlez d’alimentarité, pouvez-vous nous expliquer ce terme ?

Dès que nous développons un nouvel emballage, nous devons garantir que celui-ci est conforme aux réglementations en vigueur concernant l’aptitude au contact alimentaire, et qu’il est donc apte à être mis au contact de nos produits laitiers. C’est notre contrat de base.

Combien êtes-vous dans l’équipe packaging ?

Nous sommes 18 collaborateurs, basés à Laval, en France. Ici, nous travaillons essentiellement à l’exécution des projets pour les divisions en France. Nous sommes également en charge d’animer notre réseau d’experts packaging du Groupe (nous avons des homologues répartis dans le Monde) pour favoriser les échanges et partager les expertises.

Pouvez-vous nous parler de la formation éco-conception que vous avez dispensé en interne, il y a quelques mois ?

Les questions environnementales font partie de nos principales préoccupations, et il est important de sensibiliser l’ensemble de nos partenaires afin de nous accompagner dans cette transition circulaire, qui consiste à mieux produire, de manière durable et plus respectueuse de l’environnement. 

Ce module de formation permet d’expliquer clairement le principe de l’écoconception chez Lactalis et de mettre en avant les leviers sur lesquels nous pouvons agir afin de  réduire l’impact environnemental de nos emballages. 

C’est un enjeu important chez Lactalis, à la croisée entre les problématiques environnementales et la préservation de la qualité de notre produit. Le premier élément à proposer à nos consommateurs est le juste emballage. C’est la bonne quantité d’un emballage : ni trop car c’est de la surconsommation, ni trop peu pour ne pas gaspiller le produit. Aujourd’hui l’emballage représente moins de 10% en moyenne de l’impact environnemental du produit. Mais si le produit est trop peu emballé, l’empreinte environnementale de nos produits sera plus élevée.

Le second levier sur lequel nous nous concentrons aujourd’hui est la circularité de nos emballages, c’est à dire leur recyclabilité et l’incorporation de matières recyclées dans nos produits. Et enfin, la sensibilisation de nos consommateurs à l’importance du bon geste de tri.

Quels retours avez-vous eu suite à cette formation ?

Nos équipes ont trouvé la formation très pertinente par rapport au contexte actuel. Cela a eu un impact aussi bien dans leur vie de « consommateur », que sur le plan professionnel. Nous avons aussi pu faire un état des lieux du portefeuille afin d’évaluer les performances actuelles et de mettre en place un plan d’amélioration.

En tant que leader en volume d’emballages, est-ce que vous avez des relations privilégiées avec les filières ? 

Oui, nous sommes en contact avec CITEO au quotidien, car en tant que Metteurs en marché, nous supportons, via les éco-contributions, la gestion de la fin de vie de nos emballages commercialisés. Nous travaillons également en partenariat avec les interprofessions, pour améliorer les performances des filières de recyclages existantes, et développer de nouvelles filières de recyclage

Êtes vous en alerte concernant le manque de matières premières emballages et le surcoût qu’il engendre ?

C’est actuellement un problème dans tous les pays sur lesquels le Groupe intervient, et ceci met en lumière le rôle indispensable des emballages dans la chaine alimentaire.

Est-ce que vous réfléchissez en interne au vrac et à la consigne ?

Oui nous y réfléchissons, mais concernant le vrac, nous ne pouvons pas le proposer sur tous les produits laitiers, notamment à cause de leur fragilité de conservation. Nous réfléchissons également au réemploi, et participons avec CITEO à élaborer une gamme d’emballages standards pour le réemploi.