Interview de Nathalie Carreyre-Barletta, Chef de produits Innovations Chez Lactalis Fromages

Nathalie a co-élaboré avec le service R&D pour réaliser une formation interne sur l’éco-conception. Quelques mois après, elle revient sur cette formation et ses impacts auprès des équipes : « le fait d’enlever le carton dans l’emballage de notre brique de chèvre nous fait économiser 1 tonne de carton par an ».

Nathalie Carreyre-Barletta, pouvez-vous nous décrire votre parcours et votre poste au sein de Lactalis Fromages ?

Je travaille chez Lactalis depuis 13 ans déjà ! J’ai commencé ma carrière en tant qu’assistante chef de produits chez Lactalis Italie. Depuis 2008 j’ai varié les postes en tant que chef de produits, d’abord en Europe, ensuite en tant que chef de produits des marques de distributeur, puis chef de produits sur la marque nationale. Depuis 3 ans maintenant je suis chef de produits sur l’innovation. 

Je travaille dans le pôle “Innov’Lab”, dont le but est d’aller à la découverte de nouveaux marchés, de nouvelles cibles et de nouvelles tendances. Depuis juin 2021, je suis référente sur les packagings !

Pouvez-vous nous parler de la formation éco-conception à laquelle vous avez participé en interne, il y a quelques mois ?

Cela fait plusieurs années que nous travaillons sur la problématique des emballages. Nous cherchons à ce que nos packagings soient recyclables au maximum et cela passe par exemple par la recherche de nouveaux matériaux. Nous avons donc voulu en apprendre plus à travers une formation sur l’éco-conception.

Les politiques sur les emballages évoluent beaucoup et tendent à être plus éco-responsables, mais il ne faut pas oublier que le but premier de nos emballages est de conserver les aliments. Nous savons aujourd’hui qu’un tiers de la production alimentaire mondiale est source de gâchis. L’emballage joue un rôle important dans ce gâchis et peut permettre de l’éviter. C’est pourquoi nous avons voulu, avec toute l’équipe, nous pencher sur cette problématique de l’emballage. 

Qu’avez-vous changé dans votre manière de travailler suite à cette formation ?

Cela m’a beaucoup aidé à ne plus faire l’amalgame sur ce qu’est l’éco-conception. J’ai pu voir ce qu’était l’éco-recyclabilité et ça m’a permis de comprendre les différents critères de l’éco-conception. Ça m’a amené à réfléchir à ce qui était possible de faire ou non. Pour certains produits, l’emballage ne peut être changé pour un packaging recyclable, il changerait le goût du produit ou mettrait en péril sa conservation. Mais cela ne veut pas dire qu’on ne peut rien faire ! Maintenant, l’idée est de penser à ce que nous avons comme alternative, par exemple nous pouvons utiliser des emballages fabriqués à partir de matériaux recyclés.

Avez-vous eu des retours de l’équipe sur l’impact que cette formation a pu avoir ?

La définition de l’éco-conception est maintenant plus claire pour toute l’équipe ! 

Nous avons mis en place un tableau de suivi de tous nos projets d’emballages pour pouvoir plus facilement échanger entre nous mais aussi avec la direction. Aujourd’hui nous travaillons à ce que tous nos emballages de fromages soient éco-conçus. 

Pouvez-vous nous résumer ce qu’est un emballage éco-conçu ?

C’est un emballage qui permet de garder la qualité du produit, qui est essentiel, et qui est le meilleur possible pour la planète. L’éco-conception c’est aussi le fait d’utiliser quand c’est possible des matières renouvelables, ou du plastique recyclé pour nos emballages.

Avez-vous modélisé l’impact prévu des emballages 100% éco-conçus ?

C’est ce que nous sommes en train de construire justement. Pour vous donner un exemple, le fait d’enlever le carton dans l’emballage de notre brique de chèvre nous fait économiser 1 tonne de carton par an !